Léo Ferré pour Fruito

Publié le par doti17

             Découvrez la biographie de Léo FERRÉ    Léo Ferré    Découvrez la biographie de Léo FERRÉ

 

       Né le 24 août 1916 dans la Principauté de Monaco.

Son père, Joseph, est employé à la Société des Bains de Mer et sa mère Marie, possède un atelier de couture.

                                       
Décédé le 14 juillet 1993

                                 Poète et musicien.

Il occupe une place centrale dans le monde de la chanson française et c'est une référence dans ce domaine.  A
narchiste pour certains , révolutionnaire pour d'autres.

        

A l'âge de 9 ans, il est envoyé en pension chez les Frères des Ecoles Chrétiennes du collège Saint-Charles de Bordighera en Italie.  Mais il supporte mal la discipline rigoriste de cet internat français.  Il prend en horreur les Frères qui lui dispensent leur enseignement.

Il y ressent une grande solitude, malgré la présence d'un camarade avec lequel il découvre la musique et la poésie.

Il passe le bac à Rome, avec succès.  Mais son père refuse de lui laisser faire le conservatoire et l'oblige à donner cour de français au collège Borghera.

En 1935, il monte à Paris pour y suivre des études de droit qui aboutiront à l'obtention du diplôme de Sciences Politiques.  Il fait son service militaire et est démobilisé en 1940.

De retour à Monaco, il occupe le poste de distributeur de bons de ravitaillement aux hôteliers. 

Il se marie avec Odette en 1943.

Il entre, ensuite, à Radio Monte Carlo, où il est suivant l'occasion, speaker, bruiteur ou pianiste.

Il commence à composer des poèmes, chante dans des cabarets, découvre Charles Trenet et rencontre même Edith Piaf, qui lui conseille de se produire à Paris.

                                                





A la libération, il se produit au "Boeuf sur le Toît", où il partage l'affiche avec les Frères Jacques et avec le duo Roche-Aznavour.

Il gagne assez mal sa vie, mais "enfin" ce qui l'aime.

             
Le Boeuf sur le Toit - Paris


Revenant  d'une tournée catastrophique en Martinique, il revient à Paris en 1947, il travaille avec Francis Claude au "Milord l'Arsouille, cabaret de Paris et crée "A Saint-Germain des Prés".  C'est l'époque des ses grandes amitiés : Jean-Roger Caussimon, Juliette Gréco ou Renée Lebas, qui chantera une de ses chansons " Elle tourne ... la terre".

             

                               


Mais la vie courante est difficile et Odette, sa femme, ne peut plus supporter les incertitudes de "la Vie d'artiste", célèbre chanson de Léo Ferré.  Ils divorcent fin 1950.

Après s'être tenu longtemps à l'écart des évènements politique, y compris au moment du Front Populaire, Léo Fréquente de plus en plus les milieux libertaires (il avait même accepté de participer aux galas de la Fédération Anarchiste, en 1940) mais fait un détour rapide par le Parti Communiste français, qu'il considérera toute sa vie comme un parti de référence.

Il rencontre sa deuxième compagne Madeleine, femme de tête qui prend en charge le destin de l'artiste.  D'ailleurs cette année-là, il écrit un opéra "La vie d'Artiste", qui révèle un véritable talent de compositeur. 

                      

Léo chante en vedette américaine de Joséphine Baker, en 1953, à l'Olympia.

              


Il signe aussi avec la maison de disques Odéon, pour qui il enregistre "Paris Canaille", créée l'année précédente par Catherine Sauvage.

Il s'installe sur le boulevard Pershing à Paris, avec Madeleine et sa fille, que l'artiste considère comme son propre enfant.  Ils disposent de peu d'argent, mais l'appartement est toujours ouvert aux amis : les Frères Jacques, Pierre Brasseur et d'autres.






             


Il s'achète une maison de campagne, grâce au succès de "Paris Canaille".

En 1955, il fait son premier Olympia en tant que vedette.  Il y chante "l'Homme", "Monsieur William", "Graîne d'Amour" etc.

Il la fin de cette année-là, il enregistre huit nouvelles chansons dont "Pauvre Ruteboeuf", et le "Guinche".  Il s'accompagne lui-même au piano et même à l'orgue.    On trouve aussi sur ce disque, "l'Amour", chanson qui plaît beaucoup au poète surréaliste André Breton.  Naît une amitié.  Cette amitié se termine en 1956, le jour ou Léo Ferré lui présente "Poètes ... vos papiers".  André Breton, mécontent, conteste cette vision de la poésie et refuse finalement d'écrire la préface.  Les ponts sont rompus et la "séparation" dure jusqu'en 1966, date de la mort de Breton.

                                


L'année 1956 est aussi marquée par l'écriture de la "Nuit", ballet, avec textes et chansons destiné au chorégraphe Roland Petit et à sa compagnie.  L'accueil des critiques est défavorable, et le spectacle est retiré de l'affiche du Théâtre de Paris, au bout de quatre représentations.

                  


En 1957, paraît "Les Fleurs du Mal chanté par Léo Ferré" disque hommage à Charles Baudelaire, grand poète français du XIXème.                          


                     


Il donne son premier tour de chant à Bobino, en 1958, auquel il restera fidèle.

                  Photo prise lors du passage de Joséphine Baker.

        Bobino


La même année, il enregistre un nouvel album : "Encore du Léo Ferré" chez Odéon, pour lequel Jean-Roger Caussimon lui a écrit "Le Temps du Tango".  On peut aussi entendre "l'Eté s'en fout", "Mon Camarade".  Il est désormais à l'abri des soucis financiers et achète, sur un coup de tête, l'Ile du Guesclin, une île en Bretagne.

Île Du Guesclin


En 1961, il enregistre chez Barclay : "les Chansons d'Aragon", dix poèmes mis en musique par l'artiste : "l'Affiche Rouge", "l'Etrangère", "Elsa", "Est-ce ainsi que les hommes vivent ?".  En les interprétant, Léo Férré donne une autre dimension à ses textes.
Louis Aragon est très impressionné et très fier, se noue alors une amitié sincère et simple entre le poète et le chanteur.

                                    Louis Aragon


Il enregistre alors, à quelques mois d'intervalle : "Paname", succès qui annonce un décennie prolifique et prospère.

Il se produit au "Théâtre du Vieux Colombier", il interprète de nouvelles chansons : "Merde à Vauban", "les Rupins", "Thank you Satan".  La presse est dithyrambique.  Dans la foulée, il chante dans le célèbre music-hall "l'Alhambra"

                      théâtre du vieux colombier - Paris


                         



A l'âge de 45 ans, Léo Ferré, se sent enfin à l'aise.  Il sait qu'il doit beaucoup à son épouse Madeleine, qui a incontestablement un sens artistique très développé.

Il est à l'affiche de l"ABC", fin des années 1962, début 1963.  Il y présente de nouvelles créations, qui viennent d'être enregistrées sur 33 tours : "la Langue Française", "T'es chouette", "T'es rock, Coco".

Il quitte le boulevard Pershing, avec sa famille à laquelle s'est ajoutée un petite guenon prénommé Pépée, et va s'installer dans le département du Lot, à Perdrigal.

               



Puis, c'est "Ferré 64", disque de la maturité qui démontre que son inspiration est au zénith.

                 

"Franco la muerte", "Sans façon", "Mon piano" ...  Rebelle qui exprime avec poésie, les violences rentrées et les "coups de gueule" d'un anarchiste qui ne renie pourtant pas les facilités que lui procurent l'argent.

En 1965 et 1966, il effectue deux tournées au Canada.  Il accorde de nombreuses interviews à la radio et à la télévision.

Il est de retour à Bobino en 1966.  Il y rend un vibrant hommage au poète Rimbaud, accompagné de son piano, et laisse la salle "émue" par l'union si belle de la poésie et de la chanson.

                                     


Durant l'été 1967, il sort un disque qui nous montre que Léo Ferré est un grand parolier, la facture des textes est encore classique mais ils sont toujours aussi percutants.  C'est l'époque où il écrit l "Salut Beatnick" et dans un registre différent : "C'est un air", "On n'est pas des saints" ...  Une chanson manque pourtant : "A une chanteuse morte", hommage à Edith Piaf.  Mais aussi attaque à Mireille Mathieu que l'on présente, à l'époque comme sa remplaçante.  C'est le patron, Eddy Barclay, qui le censure.

Retour à Bobino pendant tout le mois de septembre.

Malheureusement, la vie de reclus que mènent Léo et Madeleine Ferré, commence à rendre leur existence difficile.  C'est une rupture douloureuse au début de l'année 1968.

Les évènements de mai 68, en France, marquent profondément Léo Ferré.  Il se produit d'ailleurs le 10 mai, lors du célèbre gala de la Mutualité, gala des anarchistes.  Pour le public, il est le chantre de la contestation et de la révolution permanente.  Mais il est toujours aussi distant par rapport à l'action politique.

Vers la fin de 1968, il s'embarque pour une tournée en Afrique du Nord, mais qui ne sera pas un succès.

Début 1969, sortie d'un disque inspiré par l'agitation de mai 68 : "Comme un fille", "L'été 68", "Les Anarchistes", bien que cette chanson soit antérieure aux évènements.

                                

  


Il refait encore Bobino, cette année-là.  Porté par la chanson "C'est extra" devenue un véritable tube, l'ensemble du récital est enregistré et est publié sur un double album.

                

Une robe de cuir comme un fuseau
Qu'aurait du chien sans l'faire exprès
Et dedans comme un matelot
Une fille qui tangue un air anglais
C'est extra
Un moody blues qui chante la nuit
Comme un satin de blanc marié
Et dans le port de cette nuit
Une fille qui tangue et vient mouiller

C'est extra c'est extra
C'est extra c'est extra

Des cheveux qui tombent comme le soir
Et d'la musique en bas des reins
Ce jazz qui d'jazze dans le noir
Et ce mal qui nous fait du bien
C'est extra
Ces mains qui jouent de l'arc-en-ciel
Sur la guitare de la vie
Et puis ces cris qui montent au ciel
Comme une cigarette qui prie

C'est extra c'est extra
C'est extra c'est extra

Ces bas qui tiennent hauts perchés
Comme les cordes d'un violon
Et cette chair que vient troubler
L'archet qui coule ma chanson
C'est extra
Et sous le voile à peine clos
Cette touffe de noir jésus
Qui ruisselle dans son berceau
Comme un nageur qu'on attend plus

C'est extra c'est extra
C'est extra c'est extra

Une robe de cuir comme un oubli
Qu'aurait du chien sans l'faire exprès
Et dedans comme un matin gris
Une fille qui tangue et qui se tait
C'est extra
Les moody blues qui s'en balancent
Cet ampli qui n'veut plus rien dire
Et dans la musique du silence
Une fille qui tangue et vient mourir

C'est extra
C'est extra
C'est extra
C'est extra 

 



              


Le 6 janvier a lieu une rencontre au sommet entre Ferré, Brel et Brassens, considérés comme les piliers de la chanson française.

    
    

Cette rencontre est l'initiative d'un journaliste du magazine musical français "Rock & Folk".  Ils abordent à cette occasion, leurs thèmes de prédilection et échangent leurs opinions.

Rencontrée avant sa séparation d'avec Madeleine, Marie-Christine est devenue la nouvelle compagne de Léo Ferré.  Ils s'installent en Italie, près de Florence, en Toscane.

Léo Ferré est toujours en phase avec son époque, la pop music qu'il a découvert avec les Beattles et les Moody Blues, n'échappe pas à son intérêt.  Il commence alors à tourner avec un groupe pop français : "Zoo".  Il renouvèle ainsi son image auprès d'un public plus jeune.  En octobre 1970, sort le 45 tours : "Avec le temps".

Leur premier fils, Mathieu, naît en mai 1970.  Cette année-là il sort aussi un double album "Amour Anarchie", considéré par beaucoup comme le summum de son oeuvre discographique.

                
                       

L'année d'après il enregistre "Solitude" avec le groupe Zoo.

En 1972, il se produit à l'Olympia.  Son style est plus dépouillé que dans les années 60, durant lesquelles on l'avait vu beaucoup plus lyrique.  Il interprète ses chansons, mais aussi celles de Roger Caussimon dont la magnifique "Ne chantez pas la mort".
Il publie l'enregistrement de ce spectacle sur un double album, en 1973.

Il enregistre ensuite, un autre disque en studio "Il n'y a plus rien", plutôt un monologue qui démontre une fois de plus le talent du poète Ferré.  S'en suit une tournée avec le chanteur, québécois, Robert Charlebois.

Le père de Léo Ferré décède la même année.  Il est très affecté, même si leur relation n'a pas toujours été paisible.

L'année suivante, l'artiste se produit à l'Opéra Comique, salle de spectacle, d'habitude réservée à la musique classique.  Il présente de nouvelles chansons, mais il dit un texte d'Apollinaire : "La Chanson du Mal-aimé".  Il entreprend aussi de lire une prose intitulée "Et basta", véritable profession de foi, qui laisse le plublic impressionné et pantois.

                    Le magnifique plafond de l'Opéra Comique

 

En 1975, commence pour l'artiste une nouvelle aventure musicale.  Il entreprend de diriger un véritable orchestre symphonique, celui de Montreux en Suisse.

Il poursuit cette expérience en Belgique, puis au Palais des Congrès à Paris.  Les spécialistes de la musique classique (Ravel et Beethoven sont au programme), ne lui pardonnent pas cette incursion dans leur "pré-carré, ce qui le blesse énormément.

Toujours cette même année, il quitte la maison Barclay, non sans quelques discussions.  A la suite de cette rupture, il sort chez CBS , un album intitulé "Ferré muet dirige Ravel et Ferré".  Ce disque regroupe entre autre le "Concerto pour la main gauche" par l'Orchestre Symphonique de Milan et "Muss es sein ? Es muss sein", "Requiem" par l'Orchestre de Liège.

Jusqu'en 1990 il publie différents disques chez CBS, puis chez RCA, et enfin chez EPM : "Les Vieux copains".

Installé définitivement en Toscane avec sa femme Marie-Christine, la famille s'agrandit avec la naissance de Marie-Cécile en juillet 1974, puis avec celle de leur deuxième fille Manuela en janvier 1978.  Léo Ferré trouve enfin le repos de l'âme qu'il attendait depuis sa rupture avec Madeleine et aussi une harmonie familiale qui le rend véritablement heureux.

Ferré assagi avec l'âge, n'en reste pas moins un chanteur populaire qui enchaîne les récitals à l'Olympia, dans d'autre salles parisiennes et qui continue malgré tout à effectuer des tournées en France et à l'étranger.  Son soutien à la cause anarchiste n'est pas remis en question, malgré son exil toscan.  Loin du bruit et de la fureur, il participe jusqu'à la fin de sa vie à des galas de soutien.

Léo Ferré meut à l'âge de 77 ans, à la suite d'une longue maladie, le 14 juillet 1993.  Il n'a pratiquement jamais parlé de cette maladie qui s'est déclarée en 1992 et l'avait empêchée de faire son retour sur la scène du Grand Rex, à Paris.

Son fils Mathieu reprend la maison d'édition et la société d'exploitation de droits d'auteurs que ses parents avaient montées en 1992 "La Mémoire et la Mer".  Il cherche ainsi à promouvoir les projets divers concernant l'oeuvre de son père : réedition de disques, parutions d'inédits et spectacles.

C'est ainsi qu'en mars 2000 sort un CD posthume du chanteur, "Métamec".  Cet album reprend des projets de Léo que la mort a laissé sur le côté de la route quelques années plus tôt, jusqu'à ce que Mathieu découvre ces chansons dont neuf seulement ont pu être reconstituées.

Ces titres écrits dans les 15 dernières années de la vie de l'artiste inaugurent une série d'autres disques constitués d'inédits que beaucoup qualifient cependant de beaucoup moins intéressants que tout ce que Léo Ferré a écrit et sorti de son vivant.  En novembre, la société de son fils réédite les trois derniers CDs de son père.

Léo Ferré détient un place à part dans la chanson française, il reste un auteur-compositeur, interpère d'exception.  Le plus bel éloge lui a été rendu par Louis Aragon : "Il faudra réécrire l'histoire littéraire un peu différemment à cause de Léo Ferré".

                              

                                           

    

                          

     

               

                            

                      

                      

                  
  
                     


                     

                                                          Fin

                                                                       
                                 Merci Annick pour cette signature



   

Publié dans PEOPLE

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Commenter cet article

mémé 13/12/2008 22:05

ouf! la photo avec Brel et Brassens m'a fait un choc! quelle rencontre "au sommet" comme tu dis! bravo ma Do, c'est ...extra! bisous de mémé

Kahouette 12/12/2008 14:57

Bonjour Do ! Quel article dis-donc ! Léo ne fait pas partie de ma génération, donc je le connaissais peu jusqu'à ce que je lise ton billet. Je ne savais pas que Jean-Roger Caussimon écrivait des chansons...Je le voyais plutôt acteur...Je me coucherai moins bête ce soir, alors merci qui ? Merci Miss Gazette....! Gros bisous et mille douces pensées. kahouette

rosedemai 12/12/2008 12:55

bonjour Miss Gazelle non Gazette pardon.et en musique en plus pour le beau Léo.superbe billet avec une bele chanson.
bon weekend de mes montagnes toutes blanches si tu veux de la neige on ne sait plus où la mettre.
mille bisous arrivent chez toi en skis..lol
rosedemai

FRUITO 12/12/2008 11:33

merci ma doti c'est extra..tu sais je l'adore cette chanson mon mari a joué au piano cette chanson et moi j'ai fait son portrait au crayon,il a une "gueule" cet artiste...c'est extra...et toi aussi tu es une artiste à ta manière..je t'embrasse fort bonne journée fruito

claudiane 12/12/2008 09:12

bonjour ma Belgique , toujours de beaux et longs reportages , bien écrits qui donnent envie de tout lire , ce qui est difficile a faire ! Tu est une championne !Tu est un puit de connaissance et je te trouve géniale , bisous mon amie , claudiane